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La part du désir et des rêves…

« Le rêve, les nerfs, l’âme » Delacroix
« Déjà, j’entendais, je flairais, les belles de nuit,
les jardins sans parole, les oiseaux. Les oiseaux ? »
Egon Schiele

La création au théâtre, c’est la part de l’imprévisible et du jeu, de ce qui advient, car – Ô joie ! on ne sait pas l’art de demain. On attend les prodiges fiévreusement… Ainsi à La Criée, il y a ce qui se joue et s’engage pour de nouveaux paysages artistiques.
Le burlesque et le surnaturel, la beauté de la langue, les espaces dessinés, la lumière, les couleurs, pour une suite de soirs prémédités où nous vous voyons passer la porte de la maison… pour partager librement cette fête légère et grave et cette nuit peuplée, fébrile, qu’invente le théâtre inlassablement.
Vous saisir, vous séduire et vous troubler avec une saison de désir et de rêves, des artistes inclassables, visionnaires, intuitifs et virtuoses qui écrivent une autre partition du monde plus vraie encore que celle du dehors si bruyante.
Et puis nous créerons Les Âmes offensées, ces trois voyages avec l’ethnologue Philippe Geslin autour des Inuits, des Soussou, des Massaï, triptyque que nous avons donné au Musée du Quai Branly.
Pour cette saison nouvelle, il y a la part du désir de la célébration, la part de la consolation et de l’étonnement.
« C’est sérieux sans en avoir l’air » dit Lewis Carroll.
Avec vous, spectateurs rêveurs et désirants, nous convoquerons de grandes aventures à peine passées et si vivantes, Chéreau, Guibert, Daney, Koltès, Collard ou Bagouet, ferons l’éloge du peintre de théâtre qui dessine les espaces, pose les couleurs et invente l’envers et l’endroit de l’histoire.
Il y aura la part de la fantaisie avec nos Invasions d’artistes hors de la scène pour toutes les formes de l’invention plastique, avec Théo Mercier, Venise, Stéréoptik et la poétique du papier d’Isabelle de Borchgrave qui fait voler les robes, avec Campra… reflets inédits et affinités joyeuses d’un artiste à l’autre.
La part nécessaire de l’utopie, avec les abolitionnistes, Gremillet et d’autres penseurs, vrais prophètes, avec les images de Christophe Loiseau, avec Foucault et les fous dont je suis qui obtiendront tôt ou tard que les prisons deviennent de l’histoire ancienne, à peine imaginable.
La part de l’ineffable avec la musique, les virtuoses, et toujours l’amitié et l’exigence extrême ; la part des images avec Hans Silvester, Hervé Lassïnce, Marion Gronier et celle des objets magnifiques avec le Cirva et quelques collections et surprises.
Ici, toutes les formes sensibles, inspirées et mystiques, les créatrices (nombreuses) et créateurs que vous croiserez, avec les universitaires et les théoriciens critiques engagés, historiens, les écoles d’art qui nous accompagnent, pour faire entendre les auteurs d’aujourd’hui, et Molière, Dante, Boulgakov, Shakespeare, Marivaux, Mérimée, Dumas, Proust, Pouchkine, Mo Yan, Dostoïevski… avec des troupes brillantes ! Et là, tous les délires et fantasmagories des poètes qui nous disent que nous sommes vivants et que l’audace et l’imagination nous font libres.
Il y aura encore la part de l’étonnement avec Transgenre et travestis, ces choses qui laissent à l’imaginaire le soin de les définir. Ici, pas de prescripteur de la pensée, mais le regard de bienveillance sur les artistes et leur pas de côté. Réjouissance et insolence !
Par ses artifices sublimes et de pacotille, l’invisible et le réel, le théâtre chasse le conformisme et le médiocre, la bêtise et la méfiance. Il appréhende l’humain avec l’amour de l’énigmatique, il approche les visions radieuses des créateurs.
Chaque soir, vous accueillir, vous voir arriver comme avec une légère ivresse, découvrir et aimer le risque d’aimer. Ensemble.
Pour vous et pour cette saison nouvelle, il y a part de l’engagement poétique que je partage avec mes équipes, mes complices vigilants, qui sont l’élan de cette maison et que je remercie.
Après la tournée de La Fuite !, Les Âmes offensées au Musée du Quai Branly, la si belle tournée en Chine de Trissotin, nous serons sous les toits, dans la Fabrique, à imaginer, récolter, assembler, dessiner, rêver fébrilement le prochain spectacle autour de Lewis Carroll…
Macha Makeïeff

L'artiste

« L’artiste quoiqu’il sache sera un agent spécial, isolé, seul, avec un sens inné pour organiser la matière » Odilon Redon

« ..et j’ai appris encore, ou à peu près, ce que coûtait l’amour. » Albert Camus