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Paroles gelées

  • D'après l'œuvre de François Rabelais
  • Mise en scène Jean Bellorini

Avec Paroles gelées, Jean Bellorini offre plus qu’un voyage dans l’oeuvre de Rabelais, une véritable fête de théâtre pantagruélique et satirique qui célèbre dans un même rire, joie de vivre et sagesse.

Considérant le théâtre comme le lieu qui permet de redonner vie aux grands textes littéraires, Jean Bellorini a déjà porté l’oeuvre de Victor Hugo à la scène avec succès. Avec Paroles gelées, il s’empare du Quart Livre, ce chef d’oeuvre de Rabelais, pour faire revivre l’odyssée parodique de Pantagruel et de ses compagnons. Or, ce voyage allégorique, qui conduit d’île en île des héros à la fois sages et bouffons (dont le fameux Panurge), s’avère être une critique méticuleuse des dogmes et de la société de leur temps... à moins qu’il ne s’agisse des nôtres ? Alternant jeu et chansons, narration et incarnation, rire sérieux et philosophie drolatique, Jean Bellorini exalte le théâtre comme un artisanat virtuose et s’attache à restituer tout ce que l’oeuvre de Rabelais comporte de généreux et de moderne.


Vous aimez porter à la scène des oeuvres qui n’y sont pas initialement
destinées...
Je suis sensible à la densité d’une écriture, à son lyrisme et sa force. Et je trouve dans ces oeuvres littéraires, chez Hugo ou chez Rabelais, comme la trace d’un inconscient collectif : ces textes nous touchent parce qu’ils recèlent le souvenir de quelque chose, un jadis qui nous parle, porteur de poésie. Le nom seul de Gargantua, ne serait-ce que par l’adjectif auquel il a donné naissance, suscite ennous un écho chargé d’évocations...

Comment avez-vous donc abordé l’écriture de Rabelais ?
En essayant de me détacher de tout ce qui relève du gigantisme, de cet
imaginaire bien connu. Ce qui n’empêche pas – au même titre que la dimension scatologique – d’y revenir au cours des répétitions : ce sont des fondamentaux de l’écriture rabelaisienne qu’il est difficile d’occulter. J’ai privilégié l’appropriation concrète par les comédiens de la chair de cette langue – jusque dans sa logorrhée. J’ai souhaité qu’ils en prennent à bras le corps la profusion et le trop-plein, qu’ils la confrontent avec leur propre énergie, leur enthousiasme ou leur fatigue jusqu’à s’immerger en elle à corps perdu. D’autant qu’on est ici dans des extrêmes, où l’on rencontre aussi bien une violence quasi dantesque que la jubilation. Rabelais nous confronte à des tempêtes intérieures, qui sont aussi bien des angoisses que des rêves ou des idéaux.

Pourquoi intituler cette adaptation « Paroles gelées », un épisode finalement assez bref dans les pérégrinations du Quart Livre ?
Parce que je souhaiterais que ce spectacle contribue à revivifier une langue
figée par la tradition littéraire. Surtout, parce que dans cet espace étrange et
indéfinissable qu’est le théâtre, le pouvoir d’un mot est au-delà du visible et du sensé. Qu’est-ce que la mise en parole théâtrale si ce n’est le «dégèlement» de la langue, la tentative de la rendre intime, propre, personnelle ? Ce que je veux raconter, c’est le vieux rêve des écrivains et des philosophes qui dit la richesse et le pouvoir des mots.
Extrait d’entretien avec Jean Bellorini, Propos recueillis par J.L. Pélissou

D’après l’oeuvre de François Rabelais
Adaptation Camille de La Guillonnière, Jean Bellorini
Mise en scène Jean Bellorini

Avec Marc Bollengier, Patrick Delattre, Karyll Elgrichi, Samuel Glaumé, Jacques Hadjaje, Camille de La Guillonnière,Blanche Leleu, Clara Mayer, Teddy Melis, Judith Périllat, Geoffroy Rondeau, Hugo Sablic, Damien Zanoly

Scénographie Laurianne Scimemi, Jean Bellorini Costumes Laurianne Scimemi assistée de Delphine Capossela Composition musicale Jean Bellorini, Marc Bollengier, Patrick Delattre, Hugo Sablic Création son Joan Cambon Régie générale et lumière Luc Muscillo Régie son Sébastien Trouvé Régie plateau Guillaume Chapeleau, Agathe Patonnier

Coproduction Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis, Compagnie Air de Lune, TNT – Théâtre national de Toulouse / Midi-Pyrénées, Arc en Scènes/TPR (La Chaux de Fonds). En partenariat avec le 104 - Etablissement artistique de la Ville de Paris et le Bureau formART. Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Île-de-France, d’Arcadi et du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis.

Entre mot & image
Ven. 13 avril 2018 22h15

Bord de scène avec Jean Bellorini et Hervé Castanet, Psychanalyste et Professeur des Universités
à l’issue de la représentation

Double veillée
Dim. 15 avril 2018 17h00

Avec Loïse Bulot (3-6 ans) et Valérie Dufayet (atelier philo 6-12 ans).

Avant-scène
Sam. 14 avril 2018 19h15

avec Marie-Claude Hubert, Universitaire