samedi 27 à 20h30 et dimanche 28 février à 18h30
Petit Théâtre
Avec Claire DELAPORTE
Mise en espace, scénographie : Hubert COLAS
Lumières : Encaustic - Pascale BONGIOVANNI et Hubert COLAS
Vidéo : Patrick LAFFONT
Son : Nicolas DICK
Régie générale : Nicolas MARIE
Assistante à la mise en scène : Sophie NARDONE
Réalisation Décors : Olivier ACHEZ / Matelas : RELAX FACTORY

Production : Diphtong Cie. Avec le soutien de montévidéo.
Co-réalisation : Théâtre National de Marseille - La Criée, Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.
Chto Interdit aux moins de 15 ans suivi de Mon Képi blanc et de 12 Sœurs slovaques est édité chez Actes Sud-Papiers.
L'Arche Editeur est Agent théâtral.
Voir aussi :
12 soeurs slovaques
Avec Dominique Frot et Nicolas Dick
Mardi 23 et mercredi 24 février à 20h30
En savoir +
Mon Képi blanc
Avec Manuel Vallade
jeudi 25 et vendredi 26 février à 20h30
En savoir +
Une jeune fille tchétchène rencontrée à Marseille dans un centre d’apprentissage de la langue française. Elle arrive de Tchétchénie en Europe. Elle a 18 ans. Elle fuit la guerre. Je lui demande de témoigner sur son voyage, j’enregistre son histoire.
S. CHIAMBRETTO
CHTO Interdit aux moins de 15 ans - extrait
[Quand nous arrivons à Saint Pétersbourg
ma mère avec grand-mère, ma soeur, ma nièce et moi Sveta, nous sommes prises par la police
Les militaires
comme ça
sur le quai
Ils ont pris ma mère avec grand-mère, ma soeur, ma nièce et moi Sveta
Ils [la police Russe] ont dit :
Rah vous êtes tchétchènes
Venez avec nous
On fait une vérification
On regarde votre papier
Qui êtes-vous
Comme ça
Il y a un froid-là
Il y a beaucoup de neige nos jambes s’enfoncent jusqu’aux genoux
Ils nous font rentrer
Nous sommes tous rentrés
Ma mère grand-mère ma soeur ma nièce moi Sveta la police Russe
comme ça
Ils ont dit [les policiers R] :
Oh
Pourquoi tu ne me regardes pas
Quoi
Tu as vu un fantôme ou quoi
Quoi
Ils ont bu
Ils ont fumé
Ils sont comme fous
comme ça

Dans la presse
« Claire Delaporte incarne la brutalité du propos par son corps statique presque blessé qu’elle déshabille pour le couvrir à nouveau, à l’image des mots qu’elle épelle, en évitant soigneusement les élisions comme des balles qui passeraient au-dessus de sa tête.
Elle restitue avec force le chaos psychique vécu de l’intérieur ; mais rien n’est donné comme ça. La relation prend le temps de s’installer comme si nous devions avoir confiance l’un envers l’autre et dépasser nos peurs. (...)
Le théâtre d’Hubert Colas opère cette rencontre en jouant avec l’espace qu’il ouvre, puis réduit nous permettant dans ces va-et-vient d’accueillir les mots brisés de Sonia Chiambretto («ça ne me quitte pas ça tout en moi dans ma tête ça revient»). Cette mise en scène de la connexion sidère parce qu’elle épouse le texte, libère Claire et renforce notre écoute empathique. Alors qu’elle évoque sa «Tchétchène nostalgie», le fil d’Ariane entre elle et nous se tend pour suspendre les mots du poète. Sublime.»
Pascal Bély, Festivalier.net, Tadorne, 6 octobre 2008
«Poursuivant son exploration de l’écriture de Sonia Chiambretto, Hubert Colas place la prodigieuse Claire Delaporte dans un enclos glaçant. (...)
Les assènements du Képi - où le «je» devenait «on» - trouvent ici écho dans une langue décimée de toute liaison. «Je me sauvais, je suis sauve» lance-t-elle après avoir asséné des dizaines de fois : «Je ne veux pas, je ne peux pas oublier.»
En une heure, Colas, Chiambretto et Delaporte, sous les lumières de Pascale Bongiovanni, un dispositif vidéo de Patrick Laffont et une musique de Nicolas Dick - ainsi qu’une song finale de Bonie Prince Billy, I see a darkness - , livrent un bouleversant plaidoyer pour la fraternité face aux victimes
de l’exode...»
Denis Bonneville, La Marseillaise, 5 octobre 2008