du 14 au 16 janvier 2010
Horaires :
- Jeudi 14, vendredi 15 et samedi 16 janvier à 20h
- Samedi 16 janvier à 15h
Le spectacle est joué Hors les murs au Théâtre du Gymnase : 4 rue du Théâtre Français 13001 Marseille.
Spectacle en italien surtitré
avec Dolly Albertin, Gianlucà Ballaré, Raffaella Banchelli, Bobò, Pippo Delbono, Lucia della Ferrera, Ilaria Distante, Claudio Gasparotto, Gustavo Giacosa, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Mr Puma, Julia Morawietz, Gianni Parenti, Pepe Robledo … (distribution en cours)
idée et mise en scène Pippo Delbono
scénographie Claude Santerre
costumes Antonella Cannarozzi
lumières Robert John Restinghini
Production › Teatro Stabile di Torino, Emilia Romagna Teatro Fondazione (projet Prospero), Teatro di Roma, Théâtre du Rond Point – Paris, Maison de la Culture d’Amiens, Malta – Festival Poznan.
Création › Turin Fonderie Limone, octobre 2008.
Voir les autres spectacles :
Récits de juin
mardi 5 janvier à 19h
au Théâtre de La Criée (Petit Théâtre)
Questo buio feroce
mercredi 6 janvier à 19h et jeudi 7 janvier à 20h au Théâtre du Gymnase
(spectacle en italien surtitré, à partir de 15 ans)
Enrico V
samedi 9 janvier à 19h, dimanche 10 janvier à 18h et mardi 12 janvier à 20h30 au Merlan
(spectacle en italien surtitré, à partir de 15 ans)
C’était les premiers jours de l’été quand je suis entré dans l’usine brûlée de Turin : Thyssen Krupp. Avec encore la mémoire de ces images, de ces pleurs. Pleurs pour les mères, pour les pères, les frères, les enfants de ces morts. Puis comme d’habitude, cette nouvelle de l’incendie a été effacée rapidement par d’autres nouvelles.
Yeux rouges, paroles, discours, protestations, cris, puis le silence. Le mensonge : ainsi s’appelle le spectacle.
Avec moi, d’autres personnes que je ne connaissais pas. Une étrange rencontre pour une visite dans un lieu de mort. Soudainement, dès que j’ai senti l’odeur du fer brûlé, il m’est venu un souvenir de quand j’étais petit : mon grand-père m’emmenait chaque fois dans l’usine où il travaillait le fer. Je sentais la même odeur. Toute la vie, mon grand-père avait travaillé dans cette petite fonderie et en était fier. Et quand il était vieux et malade dans sa tête, il se levait la nuit, pour aller dans la fonderie. […]
À Londres, alors que je me promenais entre les gratte-ciels, les bureaux de verre, je voyais souvent « Thyssen Krupp ». Une marque incisée sur l’acier des « colosses » de la City. Et je songeais à ces autres lieux sombres où travaillent encore tant de personnes, pour exister et faire exister ces empires.
Puis je suis arrivé au Musée où étaient exposées quelques œuvres de Francis Bacon. Je me suis assis devant une de ses peintures inspirée des Tournesols de Van Gogh. Mais ici, les tournesols pleins de lumière, de vie, de couleur, étaient agressés par un rouge enflammé, désespéré de l’artiste.
Aussi, me rappelant ce lieu brûlé que j’avais vu, ou bien mon grand-père désormais mort depuis tant d’années, ou bien du temps où j’étais petit, un moment perdu, je ne sais, je me suis mis à pleurer, pour la première fois devant une peinture.
Pippo Delbono, avril 2009

Autour du spectacle
deux journées consacrées à Pippo Delbono
Samedi 9 janvier au Théâtre du Merlan
19h Enrico V
21h Projection de "la Paura" (film en VOST) suivie d’une rencontre «Nouvelles écritures filmiques liées au téléphone portable»
avec Pippo Delbono, Benoît Labourdette, directeur artistique du Pocket Film Festival de Paris et Emmanuel Vergès, directeur de ZINC (zone d’intervention numérique)
– Projection et rencontre : entrée libre sur réservation
Samedi 16 janvier au Théâtre du Gymnase
15h La Menzogna,
17h30 Rencontre avec Pippo Delbono
21h Projection de "Grido" (film en VOST) réalisé par Pippo Delbono (2009)
Pippo Delbono
Né en 1959 en Ligurie, d’un père violoniste, Pippo Delbono découvre le théâtre tout petit à l’école. Il poursuit sa passion à l’université de Gênes. Sa véritable révélation viendra lorsqu’il fréquente l’Odin Teatret, groupe de recherche basé au Danemark, dirigé par Eugenio Barba, où il reste trois ans. Il développe une conscience extrême du corps, se mettant à l’écoute du moindre geste. Il y travaille aussi la danse (influencé par Pina Bausch) et la voix, et s’intéresse tout particulièrement à la relation entre
théâtre et danse.
En 1986, il fonde avec l’acteur argentin Pepe Robledo sa propre compagnie avec laquelle il crée son premier spectacle Il Tempo degli assassini et tous les suivants. En cours de route, il rencontre des personnes qui vivent l’art, non comme un métier mais comme une expérience de survie. Ces expériences humaines l’influenceront fortement dans ses recherches. La compagnie s’installe en 1993 en Ligurie où elle ouvre un espace permanent de formation : « La Danza nel Theatro ». Ils créent La Rabbia dédié à Pier Paolo Pasolini ; Barboni ; Guerra ; Esodo ; Il Silenzio et Gente di plastica.
En 2004, le Festival d’Avignon présente Enrico V et lui commande une création : Urlo. Sa création Récits de juin a été présentée
au Festival d’Avignon en juillet 2006. Il reçoit le Prix Donatello (meilleur film)
en 2004 pour Guerra. Il présente sa prochaine création, La Menzogna, au festival d’Avignon en 2009.
Ses spectacles sont joués dans les principales capitales européennes, en Amérique du Nord, Centrale et du Sud, et ont suivi, en parallèle, le parcours politique de pays comme l’Irak, la Bosnie, l’Albanie, la Palestine en s’adaptant aux situations extrêmes de la guerre et des conflits. Auteur d’exception, il joue dans ses pièces, témoignage de son engagement dans le message transmis et de sa volonté de ne pas se singulariser des membres de sa troupe. Il fait partie des chefs de file du théâtre populaire, convaincu depuis toujours que l’intellectualisme tue l’art. La scène est pour lui un espace ouvert et mobile comme un état de pensée.