Le bout de la route

Jean Giono
François Rancillac

25 au 28 mai 2011
Grand Théâtre

Théâtre de l’Aquarium - Cartoucherie

Grand Théâtre - 2h15

Représentations
mercredi 25 mai à 19h
jeudi 26 mai à 20h
vendredi 27 mai 20h
samedi 28 mai à 15h

avec Eric Challier, Charlotte Duran, Jean-Pierre Laurent, Tommy Luminet, Claudine Baschet, Tiphaine Rabaud-Fournier, Emmanuèle Stochl
dramaturgie Frédéric Révérend
scénographie Jacques Mollon
costumes Ouria Dahmani-Khouhli
lumière Cyrille Chabert
son Daniel Cerisier et Fabrice Drevet

Coproduction La Comédie de Saint-Etienne - CDN, Le Théâtre de l’Aquarium, Le Fanal - Scène Nationale de Saint-Nazaire
Création Comédie de Saint-Etienne, janvier 2010

Texte publié aux Éditions Folio/Gallimard (avec La Femme du boulanger)
 

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Un soir étoilé, on toque à la porte d’une ferme. Entre, sans qu’on l’y invite, un grand gaillard au sourire fêlé et à la parole ample, qui demande un peu de repos pour la nuit, et de l’ouvrage pour demain… Aussi doucement commence cet incroyable hymne à l’amour qui vient bouleverser des corps, des vies, et une famille entière...

Une très belle mise en scène affûtée, précise et sensible qui restitue au plus juste la langue de Giono, et l’âpre affrontement entre désir de vivre et absolu renoncement.

Rosine
« Qu’est-ce que c’est que cette chanson-là ? »
Jean
« C’est la chanson d’un homme seul […] »
Le Bout de la route, Acte I, scène 2 (extrait)


Notes de travail
Première pièce de Giono (1941) - qui en écrivit bien d’autres - Le Bout de la route est sans doute aussi la plus belle. Simple comme une tragédie grecque, ample comme un roman, elle déploie une langue incroyable, goûtant à pleine bouche l’humus et l’air vif des montagnes, sans pittoresque aucun, avec des mots qu’on dirait trouvés le long du sentier comme des trésors d’humanité, gros des rires et des larmes de toute vie d’homme et de femme, de la naissance à la mort. L’immense beauté de la pièce est dans ce double mouvement contradictoire : ouverture à la vie, à la lumière, à la sensualité, à la bonté de toute une humanité, de toute une communauté réveillée par l’arrivée de Jean, lequel s’enferme peu à peu en son for(t) intérieur, se coupe du monde des vivants pour continuer à aimer passionnément un fantôme, une illusion.
François Rancillac

Dans la presse
« En prenant le parti de la sobriété, François Rancillac a tout misé sur les acteurs. Il a eu raison. On sort ébloui par cette prose qui se tord comme le corps des vieux ou exulte avec légèreté pour chanter le désir. Cette pièce écrite en 1941 est l’une des rares de Giono. Lyrique et sensuelle, elle s’inscrit dans la veine de ses premiers romans, avec en plus une amertume colorée par les tons d’automne terreux répandus sur la scène. »
Emmanuelle Bouchez, Télérama, 20 février 2010

« La lumière, la musique, les comédiens emmenés par Eric Challier, tout concourt à faire de ce spectacle un moment rare et presque une confidence. Giono serait heureux. »
 L’Express, février 2010
 

 

Giono sur la route-Petite forme         
3 et 4 mai 2011 - Hors les murs
en savoir +

Journée Jean Giono           
autour du spectacle Le Bout de la route

Samedi 28 mai 2011
15h - Le Bout de la route
› 18h - Rencontre : Jean Giono, du roman à la scène

avec François Rancillac (metteur en scène), Jacques Mény, auteur-réalisateur, président des Amis de Jean Giono)
20h - Projection : Le Mystère Giono
réalisation de Jacques Mény (1995, 62 mn)
Giono se raconte, décrit son parcours... Images d’archives, entretiens filmés ou radiophoniques, extraits de textes autobiographiques, se mêlent aux images contemporaines, aux témoignages.

Jean Giono (1895 - 1970)
Issu d’une famille modeste, Jean Giono est employé de banque quand il est mobilisé en 1914. Il restera marqué par les horreurs de la guerre. La publication de Colline en 1929 est saluée par la critique. Suivent Un de Baumugnes et Regain.
Son œuvre prône la révolte contre la ville, la société industrielle capitalistique, et vante les valeurs rurales. D’abord extrêmement populaires chez les jeunes, ses idées susciteront hostilité et méfiance lors de la Libération, à cause de leur proximité avec celles du maréchal Pétain. Au sortir de la guerre, inscrit sur la « liste noire », il continue d’écrire romans, récits, théâtre, films… Il renoue avec le succès en 1951 avec Le Hussard sur le toit.

François Rancillac
En 1983, il fonde le Théâtre du Binôme et met en scène Racine, Christian Rullier, JMR Lenz, Noëlle Renaude, Corneille, Jean-Luc Lagarce, Jean Giraudoux, Rostand, Molière, Olivier Py, Jean-Pol Fargeau, Hanokh Levin, Remi De Vos, Eschyle, Max Frisch... Il est nommé directeur du Théâtre du Peuple de Bussang en 1991. Après différentes associations, il partage, avec Jean-Claude Berutti, la direction de la Comédie de Saint-Étienne qu’il quitte
en 2009 pour diriger le Théâtre de l’Aquarium, à La Cartoucherie (Paris).