Le récit de la servante Zerline

Hermann Broch
Yves Beaunesne

10 au 19 mars 2011
Petit Théâtre

Compagnie de la chose incertaine -  Yves Beaunesne

Création 2010/2011

Petit théâtre - 1h30

Représentations
jeudi 10, 17 mars à 20h
vendredi 11, 18 mars à 20h
samedi 12, 19 mars à 20h
mardi 15 mars à 19h
mercredi 16 mars à 19h

avec Marilù Marini, Brice Cousin

texte français et adaptation Marion Bernède et Yves Beaunesne
collaboration artistique Marion Bernède
scénographie Damien Caille-Perret
costumes Patrice Cauchetier
lumières Joël Hourbeigt
son Jean-Damien Ratel
maquillages Catherine Saint-Sever

Coproduction Théâtre du Nord et le Parvis - Scène nationale de Tarbes, La Coursive de la Rochelle, L’apostrophe - Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, La Maison de la Culture de Bourges, Le Grand Théâtre de Luxembourg.
Avec le soutien de la DRAC Ile de France, du département du Val de Marne, du département du Val d’Oise.

Création Théâtre de la Coursive - La Rochelle, novembre 2010. La Compagnie de la chose incertaine - Yves Beaunesne est en résidence à L’apostrophe - Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise.

L’Arche, agent théâtral du texte
 

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Zerline, vieille domestique se confie à A., locataire de la baronne qu’elle sert, et déroule le fil de sa vie, de ses regrets et ressentiments. Elle est femme de chambre depuis trente ans au service de la baronne, dans une petite ville de l’Allemagne préhitlérienne. Elle a été la rivale de sa maîtresse, mariée avec un austère président de cour d’assises, auprès du bel et libertin M. von Juna. Mais c’est à la baronne, non à la servante, que celui-ci a fait un enfant, la bâtarde Hildegarde. Sous couvert de son dévouement à la mère et à la fille, Zerline, frustrée, leur voue une haine nourrie par le souvenir des étreintes charnelles de l’amant mais aussi par son amour enfoui au plus profond de sa conscience pour le magistrat cocu qui, naguère, un court instant, lui a saisi les seins…

Précédemment accueilli à La Criée avec Dommage qu’elle soit une putain de John Ford (2006) et L’Échange de Paul Claudel (2008), nous retrouvons Yves Beaunesne qui met en scène ce récit fascinant, signant également une nouvelle traduction et adaptation.



Zerline
« L’homme ne vaut pas cher, et sa mémoire
est pleine de trous qu’il ne pourra plus jamais raccommoder. Il faut cependant bien des choses que l’on oublie à tout jamais, pour qu’elles servent de support au petit nombre
de choses dont on se souvient toujours. »
Hermann Broch, Récit de la servante Zerline

Une nouvelle traduction
Le texte, qui a été traduit en français en 1961, demande une nouvelle traduction et adaptation : ce sera l’occasion de le secouer, sachant qu’il y a une « variation » à opérer pour arriver à rendre en français le relief du verbe dramatique original. Pour révéler au mieux l’immense force d’un homme sans concession et qui ne put jamais venir à bout de ses propres contradictions. […]
Les comédiens doivent pouvoir accorder une confiance absolue aux mots qu’ils ont à faire vivre. Pour rendre le temps visible, le temps hachuré et divisé. Car Broch ne démontre rien, ne construit rien. Il se donne juste comme objectif de juxtaposer des pans de vie et de non-vie, des étapes de liberté et des fragments de perte de soi.
Qui peut dire de quoi seront faits ses lendemains ? Nos vies sont tissées d’une succession de moments plus ou moins autonomes dont nous serions bien incapables de relever la logique chronologique aujourd’hui même. […]
La vie d’un homme n’est plus d’un seul tenant, de la naissance à la mort, l’homme a désormais non pas une seule mais plusieurs ombres. Et au lieu de mettre en scène des situations qui se développent, des personnages qui évoluent, des péripéties qui s’enchaînent, Broch donne une organisation à des morceaux épars, à de petites unités dramatiques, à des bouffées de langages : « Ces ténèbres où le chemin de chacun ne trouve celui d’aucun autre » (Les Somnambules).
Yves Beaunesne
 

Voir l'Interview d'Yves Beaunesne
Voir la deuxième Interview d'Yves Beaunesne


Voir l'article de presse du journal le Monde

 

Hermann Broch (1886 - 1951)
Industriel, il abandonne ses affaires en 1928 pour se consacrer à l’écriture et axe sa réflexion sur l’évolution de l’Allemagne et de l’Autriche face à la montée de l’hitlérisme : Les Somnambules et Les Irresponsables. En 1938, intellectuel juif engagé, il est arrêté, emprisonné puis s’enfuit aux Etats-Unis. Devenu citoyen américain, il enseigne à Yale et Princeton. Toute son œuvre est celle d’un écrivain héritier des Lumières par sa volonté d’éduquer, de « convertir » les individus à la démocratie.
Le monologue de Zerline est tiré de son roman Les Irresponsables.

Yves Beaunesne
En 2002, il fonde la Manufacture - Haute École de Théâtre de la Suisse romande, à Lausanne, qu’il dirige jusqu’en 2007. Il a notamment mis en scène : L’Éveil du printemps de Wedekind, Yvonne, Princesse de Bourgogne de Gombrowicz, La Fausse Suivante de Marivaux, La Princesse Maleine de Maeterlinck, Oncle Vania de Tchekhov (La Criée, 2004),
Conversation chez les Stein sur Monsieur de Goethe absent de Hacks, Dommage qu’elle soit une putain de Ford (La Criée, 2006), Le Partage de midi (Comédie-Française) et L’Échange de Claudel (La Criée, 2008), Canard sauvage d’Ibsen, Lorenzaccio de Musset… Pour l’Opéra, il monte Werther de Massenet et Rigoletto de Verdi (Lille), Orphée aux enfers d’Offenbach (Festival Aix-en-Provence).