15 au 18 février 2012
Grand Théâtre
Durée 1h45
Représentations
mercredi 15 février 19h
jeudi 16 février 20h
vendredi 17 février 20h
samedi 18 février 20h
Jean-Louis Bauer
Après une formation et une carrière de comédien, Jean-Louis Bauer se consacre à l’écriture. Il est l’auteur d’une trentaine de pièces qui empruntent presque tous les genres : drames, farces, dialogues psychanalytiques, comédies psychologiques, poèmes épiques... dans une écriture qui aime jouer à la frontière du réalisme et du fantastique. Ses rencontres avec Roger Blin, Laurent Terzieff (L’Homme assis), Geneviève Casile… ont été déterminantes. Jean-Luc Boutté, Alain Mollot, Yves Gasc, Pierre Santini, Philippe Adrien… montent ses textes. Il écrit sans distinction pour les marionnettes, le théâtre de rue, la musique, le cinéma ou le cirque.
Daniel Benoin
Metteur en scène, auteur, comédien, il a dirigé de 1978 à 2002 la Comédie de Saint-Etienne où il a créé une école d’acteurs en 1982. En 2002, il est nommé Directeur du Théâtre de Nice. Parmi ses nombreuses mises en scène, celles présentées à La Criée : Festen, adaptation du film de Thomas Vinterberg (2004) ; Maître Puntila et son valet Matti de Brecht (2005) ; A.D.A. L’argent des autres de Jerry Sterner (2007) ; Faces d’après le film de Cassavetes et Le Nouveau testament de Guitry (2009). Daniel Benoin travaille également régulièrement pour l’opéra.
Coproduction Théâtre National de Nice
Création Théâtre National de Nice, septembre 2009
Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est pas forcément le fruit du hasard.
avec Marie-Julie Baup, Paul Chariéras, Christiane Cohendy, Paulo Correia, Lorànt Deutsch, Tcheky Karyo, Hubert Saint-Macary.
décor Jean-Pierre Laporte - costumes Nathalie Bérard-Benoin - assistante à la mise en scène Emmanuelle Duverger
raconte le week-end de panique d’une grande banque où le directeur général apprend qu’un jeune trader a joué 25 milliards et qu’à cause de la crise naissante des subprimes, il n’y a plus assez de liquidités pour purger l’affaire en douceur. Après avoir essayé en vain d’emprunter l’argent en cherchant l’appui du gouvernement, le directeur général fait tout pour sauver sa tête.

« Le Directeur Général - Explique bien au Premier Ministre que si lundi le scandale éclate, l’action va chuter ! Et la banque va être rachetée par l’étranger !
Le Gouverneur - Compte sur moi…
(Le gouverneur s’éloigne… et revient)...
L’état te prête si tu démissionnes !
(Le directeur général manque de s’étouffer). »
Jean-Louis Bauer, Le Roman d’un trader
La pièce essaye de reconstituer le mécanisme et la gestion de la crise en restituant aussi les émotions des protagonistes, puis elle entre dans la pure fiction et s’autorise à confronter le directeur général et le trader alors qu’ils ne se sont jamais vus en réalité. En effet, l’affaire Kerviel a été le point de départ de l’écriture du Roman d’un trader. […] La pièce cherche à expliquer ces comportements profondément humains qui ont mené le monde dans la crise. Du trader, elle fait d’abord un joueur et un jeune homme qui a envie d’être reconnu et estimé, peut-être même aimé par ses supérieurs hiérarchiques. Mais il est aussi un adolescent attardé élevé au biberon des jeux virtuels… Vingt-cinq milliards ne sont rien qu’une suite de zéros et le passage de la vie à la mort se fait sans douleur et dans les deux sens.
Jean-Louis Bauer
À l’automne 2008, au milieu de la tourmente financière, je me suis demandé quelle serait ma création de la rentrée 2009 […]. Il a été très vite clair que mon devoir de metteur en scène en contact immédiat avec le monde était de monter un spectacle sur la crise. […] Je me suis donc penché sur le thème, j’ai relu des pièces traitant de ce sujet et c’est alors que m’est parvenue la pièce de Jean-Louis Bauer qui partait de l’affaire Kerviel pour aller jusqu’à la crise actuelle. Le Roman d’un trader m’a séduit et c’est cette pièce qui finalement m’est apparue la plus apte à montrer, souvent avec humour, l’incroyable gâchis provoqué par la fin du capitalisme financier.
Daniel Benoin