Macbeth

Heiner Müller
Angela Konrad

du 2 au 6 décembre 2009
Petit Théâtre

Horaires  :
- Mercredi 2 décembre à 19h
- Jeudi 3, vendredi 4 et samedi 5 décembre à 20h
- Samedi 5 et dimanche 6 décembre à 15h

Contretemps

En raison du retard des travaux au Théâtre de La Criée, nous sommes contraints de décaler le spectacle Macbeth. Prévu initialement du 28 novembre au 5 décembre, le spectacle se jouera dans le Petit Théâtre en jauge réduite du 2 au 6 décembre. Deux réprésentations auront lieu le samedi 5 décembre à 15h et 20h.  Veuillez nous excuser pour ce contretemps.
 

avec Jézabel D’Alexis, Fabrice Michel, Frédéric Poinceau, Léo Maratrat, Laurence Langlois (danseuse), Élise Blaché, Éric Bernard (jeu et percussions) et Gildas Étevenard (musicien)

texte de Heiner Müller d’après William Shakespeare
traduction Jean-Pierre Morel
conception, mise en scène et scénographie Angela Konrad
dramaturgie et assistanat Élise Blaché
lumières Nanouk Marty
vidéo Danielle Bertotto
chorégraphie Laurence Langlois

Coproduction › Compagnie In Pulverem Reverteris, Théâtre des Bernardines - Marseille, Théâtre National de Marseille La Criée.
Création › Théâtre des Bernardines à Marseille, Janvier 2009.
Texte publié aux Éditions de Minuit, 2006.
 

Dans la presse

Angela Konrad a conçu un spectacle à la fois foisonnant et limpide, une réflexion sur le pouvoir sous la forme d’opéra rock bruitiste, un rigoureux chaos.
Jacques Corot, La Provence

Angela Konrad met en branle une mécanique théâtrale redoutablement efficace. Plus que jamais la fable prétexte à une prise de conscience : l’obsession de la puissance absolue n’est qu’un aveu d’impuissance.
Frédéric Kahn, Mouvement.net

Il y en a du bruit et de la fureur, dans cette histoire de fous, où l’on déplace des sofas dans des peaux de bêtes, où deux batteries vrombissent, [...] où la vidéo envahit l’arrière-plan, projetant beuveries en coulisses ou catastrophes naturelles…
Denis Bonneville, La Marseillaise
 

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 Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu’il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s’empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie…
Angela Konrad, comme Heiner Müller, reste fidèle à la fable, dans sa chronologie et sa violence monstrueuse. Ajoutant des fragments du texte originel à la « version » de Müller, elle a souhaité pour sa mise en scène une approche interdisciplinaire, mêlant le jeu dramatique à la chorégraphie et à la musique, omniprésente et interprétée en direct par trois percussionnistes. La vidéo mêle images d’actualité et des captations en direct des séquences jouées en coulisses.

De Shakespeare à Heiner Müller
Müller a rendu visibles les opprimés à savoir les paysans, révoltés contre le roi d’Ecosse dès le lever du rideau, puis vaincus, exploités, plus tard déchirés entre les deux camps et aussi les soldats : ils abandonnent par deux fois le parti de Macbeth et tuent celui-ci à la fin, au lieu que ce soit Macduff. Quant aux sorcières qui naissent de l’écrasement initial de la révolte, leur réapparition au dénouement prouve que l’ordre légitime n’est pas restauré : le trône restera fragile tant que n’aura pas cessé la violence contre les paysans (comparable à la guerre américaine au Vietnam et à la persécution des communistes en Irak).
Jean-Pierre Morel, traducteur

Müller propose une traduction-adaptation à partir d’un point de vue politique et historique. Il s’agit là d’une véritable « réactualisation » tout en gardant le contexte historique de la pièce. Müller invite plutôt à faire une lecture de Macbeth en fonction de l’actualité politique dans laquelle il évolue. Cette « relecture » de Macbeth incite l’auteur à radicaliser ce qui fait la force de Shakespeare : la langue, le rythme et la complexité limpide et intelligente d’une fable. La pièce repose sur une dramaturgie serrée et rapide. La langue est précise, coupée au couteau, sauvage et incroyablement dense. La pièce est d’autant plus violente que le temps accéléré de l’Histoire nous donne à voir, pour ainsi dire, les blessures par lesquelles elle « abreuve nos sillons ».
Angela Konrad

 

Heiner Müller (1929-1995)
Figure emblématique de la scène théâtrale européenne, il pose la question de l’homme confronté à la mort à travers des métaphores empruntées à la guerre, l’érotisme et la maladie. Ses réécritures d’Homère, Sophocle, Shakespeare, Laclos, Nietzsche interrogent notre modernité. Jean Jourdheuil est le passeur essentiel de son œuvre en traduisant et en portant à la scène nombre de ses pièces (Hamlet-Machine, Mauser, Paysage sous surveillance, La Route des chars… ).
Au début des années quatre-vingt, Heiner Müller met en scène certains de ses textes. De nombreux artistes très différents s’emparent de ses textes ; ainsi pour le théâtre Guy Rétoré, Philippe Adrien, Patrice Chéreau, Bob Wilson, Bernard Sobel,
Matthias Langhoff et dans le monde de la musique Pascal Dusapin, Georges Aperghis, Heiner Goebbels…

Angela Konrad
De 1989 à 1999, elle joue dans une vingtaine de spectacles. Elle travaille parallèlement comme dramaturge, assistante et traductrice. Elle est metteur en scène de la Compagnie « In Pulverem Reverteris » depuis 1996 et artiste associée au Théâtre des Bernardines (Marseille) depuis 2008. Elle est également Maître de conférence (Université Aix-en-Provence). Ses dernières mises en scène : La Mère de Brecht, Richard III de Shakespeare (La Criée, 2004), Traumzeit d’après Heiner Müller, Requiem pour un chien et son maître d’après Molière et Chimère et autres bestioles de Didier-Georges Gabily.