spectacle annulé
En raison de délais supplémentaires liés aux travaux du Grand Théâtre, nous sommes contraints d'annuler ce spectacle. Veuillez nous excuser pour ce désagrément.
Horaires :
- Mardi 8 et mercredi 9 décembre à 19h
- Jeudi 10 et vendredi 11 décembre à 20h
avec Thierry Bosc, Jean-Louis Coulloc’h, Takumi Fukushima, Catherine Germain, Dominique Lentin, Mireille Mossé, Jean-François Pauvros, Martin Selze, Zobeida
traduction Florence Dupont
scénographie Stéphanie Mathieu
lumières Franck Thévenon
son François Chabrier I
musique Dominique Lentin, Takumi Fukushima
costumes Martha Romero
maquillage Françoise Chaumayrac I
chorégraphe Thierry Thieû Niang
assistant mise en scène Renaud Lescuyer
Production › Théâtre de Sartrouville et des Yvelines - CDN.
Coproduction › Nouveau Théâtre - CDN de Besançon et de Franche-Comté
et Théâtre Dijon Bourgogne - CDN.
Création › Théâtre de Sartrouville, octobre 2009.
Texte publié aux Éditions Kimé (octobre 2009).
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réalisé par le Théâtre de Sartrouville
Après le fabuleux voyage des Argonautes, Jason prend pour femme Médée la colchidienne qui lui a permis (en tuant son propre frère et trahissant sa patrie) de conquérir la Toison d’Or. De sang royal, mais d’origine barbare, Médée restera toujours étrangère à Corinthe. Abandonnée par Jason pour la fille du roi Créon, répudiée, expulsée, elle est victime de mort sociale et affective. Seule, rejetée de tous, elle est condamnée à l’errance. Acculée, elle va retrouver par la force d’une volonté inhumaine ses pouvoirs de magicienne. Elle contraindra ses sentiments d’épouse et de mère jusqu’à devenir une sombre divinité par un acte terrible, la mise en œuvre d’une action vertigineuse : le sacrifice de ses deux enfants. La femme niée devient alors héroïne de mythologie, « déesse de la race des femmes ».
Quelques intuitions et visions
– Médée est un être surdimensionné, expérimental. Elle effectue devant tout le monde (importance de l’adresse publique) le travail insensé d’une réinvention de soi-même.
– Humanité directe du chœur. Un chœur mouvant, contradictoire, en métamorphose, partout et en un seul lieu. Un chœur brutal et fragile, paroles et musiques…
– Il s’agit ici d’une fiction active, d’une tentative de magie dramatique, d’une initiation. Loin de la reconstitution archéologique ou de la réactualisation à tout prix (le fait divers…), Médée est une expérience scénique qui convoque hier et aujourd’hui.
– Euripide était un grand compositeur. Son texte (conservé) était l’occasion de mettre des mots sur sa musique (perdue). Nous chercherons de nouvelles pistes de composition et d’interprétation dans la création d’une musique opérante aujourd’hui. Une musique indissociable des paroles et du jeu. Le chœur sera composé d’une comédienne et d’un trio à cordes ; d’autres musiques viendront du fond de scène (la maison fermée de Médée).
– Comme pour la musique, les sons, la lumière, la scénographie et l’utilisation de l’espace seront liés intrinsèquement aux mouvements de l’action.
– Il s’agira de trouver sur scène cette « présence » que certains nomment transe, possession, afin de rendre possible une tentative de théâtre.
Laurent Fréchuret, notes de mise en scène,
septembre 2008

Euripide (484 à 406 av. J.-C.)
Il appartenait à la classe aisée. Contrairement à Sophocle, il ne prit aucune part à la vie politique de son temps. Il fut un solitaire et ne connut pas la renommée de son vivant. Après sa mort, il fut le grand poète à imiter, et Sénèque, puis les grands poètes tragiques italiens du XVIème siècle, suivirent ses traces. Plus tard, Racine le redécouvrit, et Lessing, Schiller, Goethe l’admirèrent. On ne connaît de lui qu’une quinzaine de tragédies, Alceste, Andromaque, Les Bacchantes, Electre, Hécube…
Euripide fut un pessimiste : l’infortune des hommes le tourmentait en même temps qu’elle le fascinait. Faibles, tendres, ses personnages ne peuvent glorieusement s’opposer au Destin et leur passion les emporte toujours.
Laurent Fréchuret
D’abord comédien, il est artiste en résidence au Théâtre de Villefranche-sur-Saône de 1998 à 2004. Pour lui, le théâtre est un espace de dialogue et d’expérimentation, un art collectif qui permet chaque fois de renouveler le dialogue avec le public. Il est directeur du Théâtre de Sartrouville–CDN depuis 2004. Ses dernières mises en scène : Le Drap d’Yves Ravey, Le Roi Lear de Shakespeare, Jamais avant de François Cervantes, Snarks d’après Lewis Carroll, Calderón de Pier Paolo Pasolini… Après Médée, il montera Harry et Sam de Dorothée Zumstein.