Yakich revue de presse

Yakich et Poupatchée

Revue de presse

TÉLÉRAMA
Auteur prolifique, l'Israélien donne  une vision féroce et ironique du couple.
Mais le rire ainsi provoqué est noir. Les baudruches roses ou la tapisserie à grosses fleurs très kitsch installées par les scénographes Perez et Boussiron n'y feront rien. L'ironie de Levin, inspirée des cabarets yiddish, est désespérée. Les jeunes époux Yakich et Poupatchée, le soir de leurs noces, contemplent leur propre fiasco et s'écrient à l'unisson qu'ils auraient bien voulu «ne pas être nés»... Pour la deuxième fois, Frédéric Bélier-Garcia met en scène l'écriture débridée du plus prolifique des auteurs israéliens, mort en 1999. Après Yaacobi et Leidental, qui contait la croisade d'un des compères vers le mariage, la dissection de cette même cérémonie sociale est désormais observée par la lorgnette de la chambre à coucher. Sous les flonflons sirupeux de Claude François ou du cinéma Technicolor des années 1960, la troupe d'acteurs qu'il a réunie glapit ses farces chantées et dansées dans une joyeuse dérision... Bélier-Garcia a trouvé le ton juste avec Levin, même si tenir ce rythme-là n'est pas une sinécure.
Emmanuelle Bouchez. Télérama, 13 avril 2011

LES INROCKUPTIBLES
Une jeune mariée trop moche, un marié “bloqué  à 6 heures 30” et leurs parents omniprésents composent la galerie de personnages de cette comédie désopilante.
Le sel de cette comédie désopilante tient à l’omniprésence des deux familles entourant les époux. Non seulement l’intimité n’existe pas, mais la moindre situation est amplifiée jusqu’à prendre des proportions délirantes. Frédéric Bélier-Garcia anime avec une joyeuse fantaisie cette truculente galerie de personnages prise entre frustrations et fantasmes dans un esprit volontairement outré proche du music-hall.
Hugues Le Tanneur. Les Inrockuptibles, 4 mai 2011

LE FIGARO
Fr&édéric Bélier-Garcia avait monté avec beaucoup d’esprit Yaacobi et Leidental il y a deux ans. Il présente à Montreuil Yaakich et Poupatchée, une “comédie crue” dont il fait une grandiose opérette. (…) Une ribambelle de personnages s’en mêlent, tous extravagants, portés par une douzaine de comédiens épatants, qui rivalisent de cocasserie dans le jeu, le chant, le mouvement. Scénographie, lumières, costumes, musique, chorégraphie, tout ici est accordé à l’esprit loufoque de l’ouvrage. Tout est incarné avec une sincérité qui subjugue.
Armelle Héliot. Le Figaro. 6 mai 2011

LA TERRASSE
L’auteur israélien Hanokh Levin a mitonné une comédie désespérée atrocement drôle, servie à point par la mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia et les acteurs.
Foireuse, cruellement bouffonne, cette fable catastrophique croque joyeusement l’écrasant bonheur taillé selon les normes sociales et les espoirs de conte de fée, l’attendrissante tragédie égotique des êtres et la trivialité de l’humain, qui malgré tout, contre tout, aspire à la beauté. Le metteur en Frédéric Bélier-Garcia a su révéler tous les reliefs du texte où, au cœur de la langue, la crudité s’acoquine au lyrisme du quotidien, aussi abrupte que flamboyant. La scénographie et les costumes de Sophie Perez et Xavier Boussiron, qui dévoilent le kitsch grotesque des ambitions communes, servent à point l'ironie cinglante et amère d'Hanokh Levin. Quant aux acteurs, c’est un pur plaisir…
Gwénola David. La Terrasse, avril 2011

LES ÉCHOS
Rire du laid est beau
Bélier-Garcia - Levin, acte II. Après Yaacobi et Leidental monté en version de poche sur une petite scène en 2008, le directeur du Nouveau Théâtre d'Angers met en scène en Cinémascope une autre « comédie crue » de l'auteur israélien Hanokh Levin : Yakich et Poupatchée. Avec la même verve et la même réussite. Pour cette noce désastreuse dans un pays imaginaire, Frédéric Bélier-Garcia a imaginé avec ses deux scénographes, Sophie Perez et Xavier Boussiron, un décor dingue entre kitsch et féerie. Le beau est laid, le laid est beau… Le petit monde de cette comédie féroce et « désespérée », marche cul par-dessus tête -le public en est tout chamboulé.
Frédéric Bélier-Garcia a trouvé le ton juste pour faire claquer les voiles écarlates de ce texte diabolique : entre rire jaune et rire énorme, l'ironie cinglante et amère d'Hanokh Levin est restituée dans toute sa dimension équivoque et humaniste : vraie-fausse misogynie, vraie-fausse trivialité, vrai-faux dégoût de l'homme… la satire est un exorcisme. 
Les comédiens ne forcent pas le trait -leur détachement burlesque est comme mouillé de larmes. Ged Marlon en beau-frère et David Migeot en marieur et baron italien mènent avec brio le bal grotesque de cette course à la « pénétration ». Alexis Lameda Waksman (Yakich) et Ophélia Kolb (Poupatchée) forment un couple d'enfer : laids et beaux à la fois. Leur non-désir a quelque chose de sensuel et de troublant. 
La farce est aussi un ballet dansé , chanté sur des symphonies de Tchaïkovski ou des slows italiens. Le spectateurs est embarqué dans un vertigineux manège horrifique. La Terre, déboussolée, tourne à contresens -  il fallait toute la cruauté du théâtre pour nous le rappeler.
Philippe Chevilley. Les Echos

PARISCOPE
Frédéric Bélier-Garcia, très à l'aise avec l'univers de Levin, aborde cette « comédie crue » avec une grande tendresse. Cela se voit dans sa direction d'acteurs qui met en avant les blessures de chacun des protagonistes. Maniant autant le burlesque que la poésie, il fait éclater son sens de l'humour dans une mise en scène endiablée et pertinente. La scénographie de Sophie Perez est délirante et kitsch La distribution est un sans-faute : Ophelia Kolb est une désarmante Poupatchée et Alexis Lameda-Waksmann un émouvant Yakich. Dans le rôle des parents, Evelyne El Garby Klan, Afra Waldhör, Jan Harnmenecker, Paul Minthe nous font jubiler par la subtile drôlerie de leur interprétation. DavidMigeot est un marieur bateleur impayable, Ged Marion, en embrouilleur de situations, et Christine Pignet, en prostituée généreuse, sont cocasses. On plonge avec bonheur dans ce tourbillon de vie et de théâtre.
Marie-Céline Nivière. Pariscope

FRANCE-CULTURE
Frédéric Bélier-Garcia et les scénographes Sophie Perez et Xavier Boussiron ont imaginé un décor de conte kitsch et pailleté, avec des incursions dans l’univers des comédies italiennes des années 60 : pampilles rouges, pin-up en carton et souches d’arbres géantes. Les deux familles, l’une flamande, l’autre méditerranéenne, s’enfoncent dans une nuit peuplée d’apparitions, une prostituée aux grâces felliniennes, une princesse mutique et son palais d’opérette. «Toute la beauté de la vie est restée dans le lit de notre enfance» assène le beau-frère macho en costume croco. On ne peut échapper à la laideur, le monde parfait des contes ne pourra jamais être atteint. Pendant que l’histoire se raconte, les personnages dévident leur angoisse dans un rond de lumière façon cabaret, en aparté complice libérateur. C’est une morale peinte en noir et rose, noir parce que Levin nous parle de la honte et de l’échec et dit à travers ses personnages qu’il faut renoncer à ses rêves si on veut continuer à vivre.Rose parce qu’il y a bien un happy end, dérisoire certes, mais émouvant grâce à Ophélia Kolb, terrienne et gracieuse dans son rôle de Poupatchée, la révélation de cette comédie triviale et étrangement tendre. Citons tous les autres acteurs, tous très bons…
Sophie Joubert. France-Culture