Phèdre

Racine
Renaud Marie Leblanc

du 9 au 19 décembre 2009
Petit Théâtre

Horaires :
- Mercredi 9, mardi 15 et mercredi 16 décembre à 19h
- Jeudi 10, vendredi 11, samedi 12, jeudi 17, vendredi 18 et samedi 19 décembre à 20h
- Dimanche 13 décembre à 15h

avec Roxane Borgna, Fabrice Michel, Jan Peters, Perrine Tourneux, Olivier Barrère, Véronique Mailliard

scénographie Olivier Thomas
lumières Erwann Collet
costumes Julien Silvéréano

Coproduction › Didascalies and Co., CDN des Treize Vents -Montpellier, Théâtre National de Marseille La Criée.
Création › Théâtre des Treize Vents - CDN de Montpellier - Languedoc Roussillon, Novembre 2009.

 

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Hippolyte annonce à son confident Théramène qu’il part à la recherche de son père Thésée, qui a disparu. En réalité, il fuit Aricie, dont il est amoureux. Phèdre, épuisée, soutenue par Œnone, sa suivante, confie à celle-ci les véritables raisons du mal qui la ronge : elle est éprise de son beau-fils Hippolyte et a tout fait pour ne pas céder à sa passion et pour écarter le jeune homme, mais en vain ; c’est pourquoi elle n’attend plus désormais que la mort. Un messager apporte la nouvelle de la mort de Thésée : Hippolyte va sans doute lui succéder comme roi d’Athènes, et Phèdre lui demande protection et assistance pour son propre fils. Un peu plus tard, elle redemande à le voir et, sous couleur de lui peindre son amour pour Thésée, c’est la passion qu’elle éprouve pour lui qu’elle lui dévoile. Hippolyte est indigné, mais Phèdre s’empare de son épée dont elle veut se transpercer elle-même...

Pourquoi ce silence après Phèdre ? Sans doute parce que cette pièce est un monstre. Dans cette société verrouillée qu’était le XVIIème français où Louis XIV règne en maître absolu, le personnage de Phèdre, en proie aux tourments de la chair jusqu’à la fascination et au fétichisme, bousculait les règles. Si on a souvent parlé pour Phèdre de pièce chrétienne, on a oublié de signaler la puissance dévastatrice du désir et de la possession qui traverse l’œuvre : jusqu’aux rôles secondaires, tous succombent aux effets organiques de la passion. […] Cette atmosphère délétère transforme les corps, torture les esprits : l’homme est un monstre à lui-même, et Racine ne cesse de répéter la difficulté pour chacun d’habiter son corps […]. Dans sa plus grande pureté, Phèdre n’est pas une pièce politique, mais une excavation des désirs profonds et des violences humaines. Chaque personnage atteint un paroxysme mental et physique, aux prises avec non pas un sentiment, mais une pulsion première et immédiate. J’y retrouve la soudaineté et la violence des rapports humains dans l’œuvre de Lars Norén où les individus ne sont qu’altération et qu’altérité au présent. C’est sans doute cette modernité qui m’a toujours touché dans Phèdre. Racine n’y est plus seulement le peintre des amours contrariées (Andromaque) ; l’auteur absolu de musicalité et de retenue (Bérénice) ; le pourvoyeur de pièce à rebondissements (Britannicus) ; il ajoute à ces perspectives la dimension obsessionnelle de l’humain, son inavouable goût pour la violence, le sentiment adroit d’une perdition mentale et physique qui naît de son irrépressible besoin de posséder, non pas le pouvoir, mais l’autre et soi-même au travers.
Renaud Marie Leblanc, notes de travail
 

Ecouter l’entretien de Renaud-Marie Leblanc (réalisé par France Info)

Racine (1639-1699)
Il reçoit une éducation très solide et Port-Royal lui assurera une formation morale rigoureuse. A vingt ans, sa formation littéraire est déjà attestée et à vingt-cinq sa tragédie La Thébaïde est acceptée par le directeur du Théâtre du Palais-Royal, Molière, qu’il trahira bientôt. Homme avide de succès et de gloire, Racine remporte un triomphe égal à celui du Cid avec sa pièce Andromaque. Un nouveau genre de poésie tragique venait de naître, pure, musicale, admirablement organisée. Au sommet de sa fortune, il attaquera violemment Corneille, ses anciens amis de Port-Royal et, pour finir, le théâtre lui-même qu’il traitera avec mépris. Considéré par ses pairs et lui-même comme le plus grand dramaturge du temps, habile à joindre sa carrière à sa célébrité de poète dramatique, Racine embrasse en 1677, l’année de la création de Phèdre, la forme la plus prestigieuse du couronnement littéraire : l’historiographie royale. Il n’écrit alors pour le théâtre que quand la Cour le lui commande.

Renaud Marie Leblanc
En 1994, il signe sa première mise en scène avec Mélite de Corneille à La Criée et crée la compagnie « Didascalies and Co ». Ses dernières mises en scène : Ceux qui partent à l’aventure de Noëlle Renaude, Bobby Fischer vit à Passadena et Froid de Lars Norén (présentés à La Criée en 2006, puis en 2007), Une Orestie, trilogie d’après Eschyle…
Il assure plusieurs ateliers de jeux ou d’écriture pour des amateurs, des lycéens et des enseignants. Il est intervenant au Lycée Marseilleveyre (partenaire du Théâtre de La Criée) et à la faculté d’Aix-en-Provence.