spectacle annulé
Grand Théâtre
En raison de délais supplémentaires liés aux travaux de désamiantage du bâtiment, la grande salle du Théâtre demeure fermée. Nous sommes contraints d'annuler ce spectacle. Veuillez nous excuser pour ce désagrément.
Variation à partir de Sophocle
Avec Laurent Terzieff, Johan Leysen, David Mambouch
Le chœur est constitué principalement par les comédiens de la Troupe du TNP, Olivier Borle, Julien Gauthier, Damien Gouy, Aymeric Lecerf, Clément Morinière, Julien Tiphaine
scénographie Fanny Gamet
costumes Thibaut Welchlin
lumières Julia Grand
Coproduction › Théâtre National Populaire – Villeurbanne,
Compagnie Laurent Terzieff, avec la participation artistique de l’ENSATT et l’aide de la Région Rhône-Alpes pour l’insertion des jeunes professionnels.
Création › Odéon – Théâtre de l’Europe, septembre 2009.
Texte publié aux éditions les Solitaires Intempestifs.
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réalisé par le CRDP pour le Théâtre de l'Odéon
Philoctète, comme tous les prétendants d’Hélène, part en guerre contre Troie, muni de ses précieuses flèches empoisonnées. Dans l’île de Tenedos, il est mordu par un serpent et sa blessure dégénère très vite en gangrène. Les guerriers qui l’accompagnent l’abandonnent lâchement sur l’île. La pièce commence dix ans après cet abandon : Philoctète souffre toujours de sa blessure et plus encore de cette solitude extrême. Il rumine et médite la trahison de ses « fidèles » compagnons…
Une réécriture
Si ce Philoctète suit plutôt fidèlement le dessin de la pièce de Sophocle et en retient la plupart des motifs visibles, il n’en est assurément ni une traduction (je ne lis pas le grec, hélas) ni une adaptation. A quoi du reste adapterait-on Sophocle ? Au goût du jour ? Pouah ! Au contexte socio-historique actuel ? Billevesées ! A notre oreille ? Soignons-nous plutôt l’oreille…
De quoi s’agit-il donc ? D’une réécriture, d’une totale réécriture, qui est réappropriation de l’objet originel dans une langue autre : ce qui signifie ici non pas du grec au français, mais d’une poésie à une autre. Donc pas une équivalence plus ou moins ajustée mais une métamorphose. Ce n’est pas affaire de remodelage mais de transmutation, une transmutation qui touche tous les composants de la matière langagière : vers, rythme, scansion, métaphores, distribution de la parole. Cela implique concentrations, expansions, suppressions, ajouts, libre improvisation (notamment pour la partition du chœur).
Qu’est-ce donc que ce Philoctète? Je pourrais dire – avec ce qu’il faut de prétention pour l’oser dire – : Sophocle tel qu’en lui-même ma poésie le change. Bref : ce texte n’est en rien de Sophocle mais il n’eut pas existé sans lui.
Jean-Pierre Siméon

Jean-Pierre Siméon
Poète, romancier, critique, professeur agrégé de Lettres modernes. Son œuvre compte une vingtaine de livres : romans, livres pour la jeunesse, pièces et essais sur le théâtre. De 1996 à 2001, il est invité comme artiste associé à la Comédie de Reims dirigée par Christian Schiaretti. Ils fondent ensemble « Les Langagières », manifestation autour de la langue et son usage. Depuis 2003, ils poursuivent cette collaboration au TNP de Villeurbanne. Ses pièces : D’entre les morts, Stabat mater furiosa, La Lune des pauvres, Sermons joyeux, Le Petit Ordinaire (cabaret macabre), Odyssée, dernier chant… sont parues aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.
Christian Schiaretti
De 1991 à 2002, il est directeur de la Comédie de Reims où il mène une politique de répertoire : Corneille, le théâtre surréaliste, le cycle des Ahmed commandé au philosophe Alain Badiou... Depuis janvier 2002, il est directeur du TNP où il a présenté Mère Courage et ses enfants et L’Opéra de quat’sous de Brecht, Le Laboureur de Bohême de Johanes von Saaz, Père de Strindberg, L’Annonce faite à Marie de Claudel, Coriolan de Shakespeare, quatre comédies de Molière, Par-dessus bord de Michel Vinaver…
À la Comédie-Française, il fait entrer au répertoire en 2004 Le Grand Théâtre du monde, suivi du Procès en séparation de l’Âme et du Corps de Calderón de la Barca.
Laurent Terzieff
En 1944, il quitte la Russie avec son père sculpteur et sa mère plasticienne. Il se passionne pour la poésie et la philosophie, s’engage dans le mouvement trotskiste puis milite au Parti Communiste. Il fait ses débuts sur scène en 1953 dans mise en scène de Jean-Marie Serreau, avant d’être repéré par Marcel Carné. Il tourne avec lui Les Tricheurs, puis Tu ne tueras point de Claude Autant-Lara, À cœur joie, aux côtés de Brigitte Bardot, La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot, Médée de Pier Paolo Pasolini, Détective de Jean-Luc Godard, Germinal de Claude Berri, J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit... Acteur, adaptateur, metteur en scène et auteur, il dirige depuis 1961 sa compagnie. Il a mis en scène récemment Mon lit en zinc de D. Hare, Molly de Brien Friel, Hughie de E. O’Neill.