Tatouage

Alfredo Arias
Alfredo Arias

19 au 25 novembre 2010
Petit Théâtre

Groupe TSE

Petit théâtre - 1h20 

Représentations 
vendredi 19 novembre à 20h
samedi 20 novembre à 20h
dimanche 21 novembre à 15h
mardi 23 novembre à 19H
mercredi 24 novembre à 19h
jeudi 25 novembre à 20h

avec Alfredo Arias, Carlos Casella, Sandra Guida, Marcos Montes, Alejandra Radano

texte et mise en scène Alfredo Arias traduit de l’espagnol René de Ceccatty
arrangements musicaux Diego Vila
accessoires Larry Hager
costumes Pablo Ramirez
son Julius Tessarech
lumières Patrick Debarbat

Coproduction Groupe TSE, Théâtre du Rond-Point

Création Théâtre du Rond-Point, novembre 2009
 

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On le surnommait « La Miguela », Miguel de Molina, chanteur gay qui eut la malchance de vivre sous le régime de Franco, échappa aux persécutions que lui infligeait la dictature en s’évadant dans le merveilleux du music-hall.

Retrouvez les deux fabuleuses artistes argentines Sandra Guida et Alejandra Radano que le public de La Criée a découvertes dans Divino Amore et Cabaret Brecht Tango Broadway mis en scène par Alfredo Arias (saison 08-09).


C’est en lisant les Mémoires de Miguel de Molina, chanteur espagnol né à Málaga en 1908 et mort en Argentine en 1993 que j’ai ressenti l’urgence de faire connaître la vie tortueuse de cet artiste. Persécuté par le régime franquiste, il quitte son pays pour un long exil qui le conduit jusqu’en Argentine. Il y rencontre Eva Perón, femme du dictateur argentin, qui lui donne refuge.
Eva va reconnaître en lui un double d’elle-même : elle aussi a connu la fascination des studios de cinéma et ce passé lui a valu par la suite le mépris de l’oligarchie de son pays. Eva lui offrira une terre d’asile et, pendant qu’elle agonisera, Miguel de Molina triomphera.
Le spectacle théâtral que nous avons construit à partir de cette rencontre, s’ouvre sur une série de dialogues entre les deux personnages qui nous permettent de saisir jusqu’à quel point ils sont le miroir l’un de l’autre. « Vous avez été un pédé pour le franquisme et moi j’ai été une pute pour l’oligarchie de mon pays ! » dira-t-elle.
Ces dialogues, émaillés des musiques et chansons, font revivre ces deux marginaux, lumineux et uniques, qui ont défié l’Histoire avec les armes de la représentation théâtrale : lui avec celles qui sont propres à la scène et elle avec celles des coulisses du pouvoir. Cette narration théâtrale s’inspire librement de l’histoire réelle en la ponctuant d’une série de numéros de music-hall. Cela permet aux personnages d’accéder à leur splendeur mythologique, de s’envoler dans les stratosphères de leur démesure et de leur folie.
Alfredo Arias

Dans la presse

« Audacieux, inspiré, cocasse et sombre, [Alfredo Arias] renoue avec toutes les vertus de sa jeunesse d’une manière éclatante
[…] dans Tatouage. »
Armelle Héliot, Le Figaro, 26 nov. 2009
 

Alfredo Arias
Né en Argentine, Alfredo Arias fonde à Buenos Aires, en 1968, sa compagnie d’artistes et acteurs, le groupe TSE. Il met en scène ses créations mêlant le fantastique, la féerie et l’humour. Installé à Paris depuis 1970, où il impose un regard radicalement neuf sur le théâtre, il est directeur du CDN d’Aubervilliers de 1985 à 1991. À partir de 1992, il invente un nouveau langage théâtral fait de danse, musique et dialogues poétiques : Mortadela, Peines de cœur d’une chatte française, Concha Bonita… Divino Amore et Cabaret Brecht Tango Broadway sont accueillis à La Criée en 2008/2009. Il fait également des mises en scène d’opéra et travaille dans le domaine du cinéma.

« L’histoire de Miguel de Molina est tellement espagnole qu’il est douloureux de seulement l’effleurer. Le drame d’un talent brisé, broyé comme celui de la génération divisée par la guerre civile dont les vainqueurs ont fait preuve d’une infamie dépourvue de toute décence et de toute compassion. Miguel de Molina était l’artiste le plus génial de cette époque et c’est sur lui que la hargne des nouveaux maîtres d’Espagne s’est abattue. Avec toute la force, l’arrogance et la vulgarité de ceux qui se sentaient intouchables. »   
Arturo Peréz-Reverte,
extrait d’un article publié dans El País