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The Sea - Sounds & Storytelling

Ce qu’évoquent les océans et surtout la mer Méditerranée est en transformation constante – en termes écologiques autant que politiques. Par une journée de performances, projections et discussions couplée d'un programme en ligne le lendemain, The Sea — Sounds & Storytelling, propose d’écouter l’océan, matière vivante et mémorielle.

Des projections, une table ronde et des perfomances sonores invitent à découvrir des pratiques qui se concentrent sur l’écoute, l’analyse, la discussion et la mise en valeur des voix de la mer. 

Avec les oeuvres et les interventions de Ursula Biemann, Laurent Chauvaud et Gwenn Potard, Binta Diaw, Maria Iorio & Raphaël Cuomo, Tomoko Sauvage, Julie Semoroz, Lena Maria Thüring, Dagmawi Yimer, Khadija von Zinnenburg Carroll, Thierry Perez, Gioia Dal Molin et Simone Frangi.

Cur. Claire Hoffmann (Centre culturel suisse. Paris), Gioia Dal Molin (Istituto Svizzero, Rome, Milan, Palerme), Chus Martínez (TBA21–Academy et Institut Kunst HGK FHNW à Bâle), assistés de María Montero Sierra (TBA21–Academy).

Dans le cadre des Parallèles du Sud / Manifesta 13 Marseille - Biennale Européenne de Création Contemporaine
Une production du Centre Culturel Suisse de Paris, Istituto Svizzero - Rome, l'Institut Kunst HGK FHNW - Basel et TB21-Academy
Avec le soutien de La Criée -Théâtre national de Marseille

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PROGRAMME DU VENDREDI 2 OCTOBRE 2020

Qu’est-ce qui est inscrit et stocké dans la mer ? Y a-t-il des sons, des langues, des voix et des histoires que nous pouvons en extraire ? Comment pouvons-nous apprendre à les écouter ? Le premier jour du programme The Sea – Sounds & Storytelling, reprenant la notion de « son », développe l’idée d’écouter et d’apprendre des artistes et des scientifiques, dont les pratiques portent sur l’enregistrement, l’écoute, l’analyse, la discussion et la mise en valeur de la mer et de ses organismes.

18h-19h20 – Projections

> Lena Maria Thüring, Gardien de la paix (GPX), 2011, 18 min 47 sec
Lors d’une visite à l’aquarium de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration à Paris, l’artiste croise un jeune policier français. En voix off, sur les images de poissons dans l’aquarium, on entend le policier raconter l’histoire des origines guadeloupéennes de ses parents, la tension qu’il vit entre sa vie privée et sa fonction publique de policier, au service de l’État et incarnée par l’uniforme. Puisant dans un vocabulaire issu du monde animal, il juxtapose les comportements animaux et humains, tout en souhaitant une cohabitation harmonieuse et non violente.

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> Ursula Biemann, Acoustic Ocean, 2018, 18 min
Acoustic Ocean est une expédition science-fictionnelle dans les profondeurs de l’océan Arctique, à la recherche de communications interespèces. Dans ce récit poétique, le personnage principal – une aquanaute issue de la communauté des Samis – capte les sons d’animaux et de microcréatures sous-marines. Dans le récit se mêlent ainsi la mémoire de cette vie stockée dans l’eau et la perspective d’un futur climatique incertain.

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> Khadija von Zinnenburg Carroll, Te Moana – The Ocean, 2019-2020, 30 min, oeuvre de commande de la TBA21-Academy
Pour ce documentaire expérimental, l’artiste a collaboré avec Jody Toroa et Kay Robin de Rangiiwaho marae, une « iwi » (tribu) maori de Poverty Bay, en Aotearoa/ Nouvelle-Zélande. L’histoire, qui tourne autour d’une baleine, est racontée du point de vue de Rangiiwaho.
Ce dernier a profité de l’anniversaire de l’expédition du Capitaine Cook dans le Pacifique pour obtenir un rapatriement temporaire de l’héritage matériel pris à leurs ancêtres il y a 250 ans. Le film apporte une rélfexion sur la nature et la langue de la résistance culturelle, en maori, en français et en anglais.

19h30-21h – Présentation et table ronde

SONARS – une expérience de résidence art et science au long cours
Laurent Chauvaud et Gwenn Potard
L’univers sous-marin n’est pas un monde du silence, et ce qu’on y entend a beaucoup à raconter. De la communication entre crustacés au bruit d’écoulement sous la banquise – témoignage d’une fonte –, la recherche se penche sur cette composante des écosystèmes marins. Ces paysages sonores interpellent aussi les artistes. La Carène et le laboratoire BeBEST ont créé la résidence artistique SONARS, au coeur de cette recherche en écologie autour des sons sous-marins.
La présentation est suivie d’une discussion avec Lena Maria Thüring, Julie Semoroz et Thierry Perez.

21h15-22h15 – Concerts, performances sonores

> Tomoko Sauvage, Waterbowls, performance sonore, 40 min
Le magazine The Wire a comparé la musique de Tomoko Sauvage à un long bain chaud. Ce qui est assez bien vu, car le son de cette artiste d’origine japonaise, installée à Paris après avoir étudié le jazz à New York, est une interaction entre l’eau, la céramique et les microphones sous-marins. Il en résulte une forme naturelle de musique électronique, qui réévalue le rapport entre les êtres humains et leur environnement.

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> Julie Semoroz, BALEINA, performance sonore, env. 35 min
Julie Semoroz est chanteuse, artiste sonore et directrice de projets artistiques. Elle sculpte le son à l’aide de plusieurs sources (field recordings et micros en direct) et sa propre voix avec des éléments logiciels et matériels. Son travail interroge le rapport de l’individu au temps mécanique et organique dans ses pratiques corporelles. Dans une recherche écologique au sens de « l’habitat », Julie Semoroz pose la question de comment habiter nos corps et nos vies dans la société.

PROGRAMME DU 3 OCTOBRE 2020 (EN LIGNE JUSQU'AU 31 OCTOBRE)

EXCLUSIVEMENT EN LIGNE SUR ISTITUTOSVIZZERO.IT ET OCEAN-ARCHIVE.ORG

Autrefois écran de projection bleu chatoyant pour les rêves de vacances, la mer Méditerranée est aujourd’hui devenue un symbole des mouvements migratoires et des espoirs d’une multitude de personnes. Sur le plan politique, elle est à présent l’une des régions frontalières les plus meurtrières du monde et s’avère être un accélérateur de zèle xénophobe. Au vu de ces changements, il est particulièrement important de chercher et d’inclure d’autres histoires polyphoniques, ainsi que des perspectives diverses et non européennes. Il est également essentiel de se demander si et comment ces voix sont entendues et où sont conservées les mémoires qui leur sont attachées. Au cours de cette deuxième soirée consacrée au « storytelling », nous nous mettrons en quête de ces voix et écouterons des histoires qui ont traversé la mer.

Les artistes invités Binta Diaw, Maria Iorio & Raphaël Cuomo et Dagmawi Yimer présentent des oeuvres qui abordent le sujet sous différents angles. D’une part, ils mettent en lumière l’évolution de la violence des politiques d’exclusion en Méditerranée au cours des 15 dernières années. D’autre part, ils élargissent le regard sur les mouvements migratoires entre l’Italie et la Suisse ainsi que sur les régimes frontaliers et les contre-mémoires cachées qui les accompagnent, ou encore sur la polyphonie d’une jeune génération d’afro-italiens.

Introductions par Gioia Dal Molin et Simone Frangi.

FILMS
Maria Iorio & Raphaël Cuomo, Sudeuropa, 2005–2007, 40 min
Maria Iorio & Raphaël Cuomo, Appunti del passaggio, 2014–2016, 43 min
Dagmawi Yimer, ASMAT – Names in memory of all victims of the sea, 2015, 17 min
Dagmawi Yimer, Nothing but the sea, 2011, 49 min
&
Pièce sonore de Binta Diaw, Agropoetics: Chorus of Soul, 2020 Audio, 1 min 18 sec

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